PubliÉ le

10.10.2025

Accise sur l'électricité (ex-TICFE, ex-CSPE) : montant, calcul et exonérations en 2026

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Exonération de taxe

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    Ampoule symbolisant la TICFE, accise sur l’électricité et son impact sur la facture énergétique

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    Trois noms pour une seule taxe, des taux qui changent deux fois par an, et une grille de tarifs réduits entièrement refondue au 1er janvier 2026. Si vous cherchez à savoir combien vous payez d'accise sur l'électricité et si vous payez au bon taux, vous êtes au bon endroit.

    L'accise sur l'électricité est la taxe que la plupart des dirigeants connaissent encore sous le nom de CSPE ou de TICFE. Elle figure sur chaque facture professionnelle, elle se compte en euros par mégawattheure, et elle est l'un des rares postes de votre facture sur lequel une action administrative simple peut produire un gain immédiat. Encore faut-il savoir à quel tarif vous avez droit.

    Ce guide vous donne, dans l'ordre :

    • le fonctionnement, l'origine et le vocabulaire de la taxe, pour ne plus confondre accise, CTA et TVA ;
    • les tarifs en vigueur en 2026, leur calendrier d'application et leur trajectoire depuis 2021 ;
    • la méthode de calcul, avec des exemples chiffrés et les vérifications à faire sur votre prochaine facture ;
    • la grille complète des tarifs réduits et des exonérations issue de la loi de finances pour 2026 ;
    • la marche à suivre pour obtenir le bon tarif, par attestation ou par remboursement, avec les délais à respecter.

    Ne pas maîtriser ces mécanismes, c'est laisser plusieurs milliers d'euros par an sur la table, ou s'exposer à une régularisation faute de documentation. Les montants cités sont à jour au 3 septembre 2026.

    Qu'est-ce que l'accise sur l'électricité ?

    L'accise sur l'électricité est une taxe indirecte perçue sur chaque mégawattheure d'électricité consommé en France. Elle est collectée par votre fournisseur d'énergie, qui la reverse à l'État, et elle apparaît sur une ligne dédiée de votre facture. Son montant dépend de votre catégorie de consommateur et, pour les entreprises, de l'intensité énergétique de votre activité.

    Une précision utile d'emblée : l'accise n'est ni un pourcentage ni un coefficient variable. C'est un montant fixe par mégawattheure, proportionnel à vos volumes et totalement indépendant du prix de marché de l'électricité. C'est ce qui la rend parfaitement lisible dès lors que vous savez l'isoler sur la facture.

    Pourquoi trois noms coexistent

    C'est la source de confusion numéro un sur ce sujet, et elle a une explication simple : la taxe a changé de nom deux fois en dix ans, sans que le vocabulaire de terrain suive.

    • CSPE, la contribution au service public de l'électricité. C'est le nom historique, instauré au début des années 2000 pour financer les missions d'intérêt général du secteur électrique. Il reste le plus employé dans les conversations, les contentieux et les demandes de remboursement.
    • TICFE, la taxe intérieure sur la consommation finale d'électricité. C'est le nom qui a succédé à la CSPE après la fusion des deux dispositifs, la TICFE ne visant auparavant que les gros consommateurs. Beaucoup de factures, de contrats et de logiciels de gestion portent encore cette mention.
    • Accise sur l'électricité, le nom actuel. Il résulte de la refonte de la fiscalité énergétique dans le code des impositions sur les biens et services, le CIBS, qui a rassemblé sous une même architecture les accises sur l'électricité, le gaz naturel, le charbon et les produits pétroliers.

    Cette refonte poursuivait deux objectifs : simplifier une fiscalité énergétique devenue illisible à force de sédimentation, et aligner le vocabulaire français sur le modèle communautaire des accises, ce qui facilite les comparaisons européennes et la conformité des redevables.

    Retenez ceci : quand un fournisseur, un expert-comptable ou un moteur de recherche parle de CSPE, de TICFE ou d'accise sur l'électricité, il parle de la même ligne de facture. Le nom change, la mécanique reste.

    Qui doit la payer, et à quel moment

    L'accise est due par le consommateur final, c'est-à-dire l'entreprise ou le particulier qui consomme réellement l'électricité. Vous ne la déclarez pas vous-même : votre fournisseur la collecte pour le compte de l'État et la fait apparaître sur votre facture. Le fait générateur est la fourniture d'électricité à ce consommateur final, et la taxe est exigible au moment de la facturation.

    Deux conséquences pratiques. D'abord, un changement de fournisseur ne modifie en rien le montant d'accise que vous payez : elle est identique chez tous les acteurs du marché, historiques comme alternatifs, en offre de marché comme au tarif réglementé de vente. Ensuite, si vous autoconsommez de l'électricité produite sur votre site, la question du traitement fiscal de cette production se pose séparément et mérite d'être examinée au cas par cas.

    Qui la collecte et la reverse à l'État

    Les fournisseurs d'électricité, quels qu'ils soient, agissent comme des intermédiaires fiscaux. Ils encaissent la taxe auprès du client final au moment de la facturation, puis la reversent à l'État par l'intermédiaire de la direction générale des finances publiques, la DGFiP, qui a repris la gestion des accises sur l'énergie à la place de l'administration des douanes.

    À ce titre, le fournisseur doit déclarer les volumes livrés à ses clients, appliquer le tarif correspondant à la catégorie fiscale de chaque point de livraison, prendre en compte les attestations de tarif réduit qui lui sont transmises et acquitter la taxe selon la périodicité qui lui est applicable. Il applique le tarif sur la base de ce que vous lui déclarez : il ne se substitue jamais au contrôle de l'administration, et il n'a pas vocation à vérifier votre éligibilité à votre place. C'est un point souvent mal compris, et il explique une bonne partie des régularisations subies après coup.

    Ce que l'accise finance

    L'accise sur l'électricité alimente le budget général de l'État. Historiquement, sous le nom de CSPE, elle finançait des charges de service public identifiées :

    • le soutien aux énergies renouvelables, éolien, solaire, hydraulique et biomasse ;
    • la péréquation tarifaire, qui garantit un prix comparable de l'électricité sur tout le territoire, y compris dans les zones non interconnectées au réseau continental comme la Corse et les départements d'outre-mer ;
    • les dispositifs de solidarité, dont le chèque énergie destiné aux ménages modestes ;
    • les mesures de soutien au service public de l'électricité et à la sécurité d'approvisionnement.

    Cette affectation a évolué avec l'intégration au CIBS, mais la logique de péréquation reste visible dans la structure actuelle du tarif, avec sa majoration dédiée.

    Le montant de l'accise sur l'électricité en 2026

    Le montant de l'accise ne se lit pas sur un seul chiffre. Il dépend de deux choses : votre catégorie de consommateur et la période.

    Votre catégorie de consommateur. Le CIBS distingue les ménages et assimilés, qui regroupent les particuliers et les petits professionnels raccordés en basse puissance, généralement jusqu'à 36 kVA de puissance souscrite, des entreprises et assimilées, qui regroupent les autres consommations professionnelles. Le rattachement s'apprécie au niveau du point de livraison, et non à celui de l'entreprise : ce n'est ni votre chiffre d'affaires ni votre effectif qui déterminent votre catégorie, mais les caractéristiques du compteur.

    La période. Les tarifs d'accise sont fixés par arrêté et révisés deux fois par an, au 1er février et au 1er août. Un tarif d'accise n'est donc jamais valable plus de six mois, ce qui explique qu'une bonne partie du contenu disponible en ligne sur ce sujet soit périmé.

    Dernier point, et c'est celui qui trompe le plus de lecteurs : il existe un tarif normal et un tarif majoré. C'est le tarif majoré qui s'applique en pratique et qui figure sur votre facture.

    Les tarifs en vigueur

    Période Catégorie Tarif normal Majoration Tarif appliqué
    1er février au 31 juillet 2026 Ménages et assimilés 25,19 €/MWh 5,66 €/MWh 30,85 €/MWh
    1er février au 31 juillet 2026 Entreprises et assimilées 20,92 €/MWh 5,66 €/MWh 26,58 €/MWh
    1er août 2026 au 31 janvier 2027 Ménages et assimilés 24,69 €/MWh 5,93 €/MWh 30,62 €/MWh
    1er août 2026 au 31 janvier 2027 Entreprises et assimilées 20,42 €/MWh 5,93 €/MWh 26,35 €/MWh

    Source : arrêté du 8 juin 2026 actualisant l'arrêté du 13 décembre 2022 constatant divers tarifs et seuils de régime d'impositions relatifs à certaines impositions sur les biens et services. Montants à jour au 3 septembre 2026.

    Ces montants s'appliquent à l'ensemble des contrats, quel que soit le fournisseur retenu et quel que soit le type d'offre.

    La majoration : ce qu'elle recouvre vraiment

    La majoration inscrite dans le tableau ci-dessus finance la péréquation tarifaire, c'est-à-dire l'égalité de traitement entre les territoires, y compris les zones non interconnectées au réseau continental. Elle est parfois désignée sous le raccourci de « majoration ZNI », et ce raccourci nourrit une confusion tenace.

    L'erreur consiste à croire que cette majoration ne concernerait que les sites implantés en zone non interconnectée. Ce n'est pas ainsi qu'elle fonctionne : elle finance les surcoûts de ces territoires, mais elle est intégrée au tarif appliqué à l'ensemble des consommateurs. Autrement dit, le tarif majoré n'est pas une catégorie fiscale supplémentaire réservée à quelques sites, c'est le tarif que vous lisez sur votre facture, où que soit votre point de livraison.

    La conséquence pratique est simple. Quand vous comparez un montant d'accise trouvé en ligne avec celui de votre facture, vérifiez d'abord si le chiffre cité est le tarif normal ou le tarif majoré. Un écart de cinq à six euros par mégawattheure entre deux sources s'explique presque toujours par là, et non par une erreur de facturation.

    Ce qui s'est passé depuis 2021

    L'accise sur l'électricité a connu une trajectoire heurtée, et comprendre cette trajectoire aide à lire les chiffres que vous croiserez ailleurs.

    En 2022, face à la flambée des prix de gros, l'État a activé un bouclier tarifaire qui a ramené la taxe à son plancher européen, très en dessous de son niveau habituel. Le dispositif a ensuite été démonté par paliers, avec une remontée progressive des tarifs.

    L'année 2025 illustre bien cette normalisation en deux temps. Entre le 1er février et le 31 juillet 2025, les tarifs appliqués s'établissaient à 33,70 €/MWh pour les particuliers, 26,23 €/MWh pour les consommations professionnelles intermédiaires et 22,50 €/MWh pour les plus grands consommateurs. Au 1er août 2025, une révision à la baisse a été opérée pour compenser le passage de la TVA de 5,5 % à 20 % sur la part fixe des factures, portant les tarifs à 29,98 €/MWh pour les particuliers et 25,79 €/MWh pour les professionnels. Depuis, le mécanisme est stabilisé : des tarifs fixés par arrêté, révisés deux fois par an, avec une majoration au titre de la péréquation, et une structure de catégories simplifiée.

    La loi de finances pour 2026, la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, a en revanche modifié en profondeur la grille des tarifs réduits applicables aux entreprises. C'est le changement le plus important de l'année pour un industriel, et nous y venons.

    Ce que cette histoire doit vous laisser comme réflexe : ne jamais reprendre un montant d'accise trouvé en ligne sans vérifier sa date. Une page publiée en 2023 ou en 2024 affiche des tarifs qui n'ont plus cours, et la plupart des contenus disponibles sur le sujet ne portent aucune date de mise à jour visible. Sur une taxe révisée deux fois par an, c'est disqualifiant.

    De la même manière, une hausse de votre facture d'électricité d'une période à l'autre n'est pas nécessairement imputable à votre fournisseur. Elle peut venir de l'acheminement, de la fiscalité, ou des deux. Décomposer la facture avant de conclure évite de renégocier un contrat qui n'était pas le problème.

    Quand les nouveaux tarifs s'appliquent : les dates clés de 2026

    En matière d'accise, l'erreur la plus fréquente en entreprise ne porte pas sur le taux lui-même, mais sur le moment où il s'applique. Une année civile ne correspond pas à une période tarifaire, et cette dissociation coûte cher aux budgets construits en moyenne annuelle.

    La période transitoire du mois de janvier

    Contrairement à une idée répandue, une année ne démarre pas automatiquement avec de nouveaux tarifs d'accise au 1er janvier. Le cadre fiscal prévoit que, tant que les nouveaux tarifs ne sont pas officiellement constatés par arrêté, les tarifs applicables restent ceux en vigueur à la fin de la période précédente.

    Pour une entreprise, cela signifie que le mois de janvier constitue une période tampon, sur laquelle les consommations restent taxées aux niveaux antérieurs, sans revalorisation immédiate. Aucune prévision budgétaire sérieuse ne peut donc être construite sans distinguer janvier du reste de l'année. C'est une des causes les plus banales des écarts entre budget et réalisé constatés dès le premier trimestre.

    Les deux dates de bascule et les factures à cheval

    Les points de bascule sont le 1er février et le 1er août. À chacune de ces dates, les tarifs constatés par arrêté entrent en application pour six mois.

    En pratique, beaucoup de factures couvrent des périodes mixtes, par exemple du 15 janvier au 15 février ou du 20 juillet au 20 août. Dans ce cas, l'accise doit être calculée au prorata des volumes consommés sur chaque période, avec un tarif applicable jusqu'à la veille de la bascule et un tarif révisé à compter du jour de la bascule. Une application uniforme d'un seul taux sur l'ensemble de la période est une anomalie, et elle joue rarement en votre faveur.

    Cette ventilation est essentielle pour trois raisons : elle fiabilise vos contrôles internes, elle évite les surcoûts invisibles lorsqu'un tarif plus élevé est appliqué trop tôt, et elle vous donne une base solide en cas de contestation auprès du fournisseur.

    Piloter par période plutôt qu'en moyenne annuelle

    Beaucoup d'entreprises raisonnent encore en taux annuel moyen pour intégrer l'accise dans leurs budgets. La coexistence de plusieurs périodes tarifaires au sein d'une même année rend cette approche mécaniquement fausse.

    Une pratique plus robuste consiste à :

    • isoler les consommations de janvier, qui relèvent encore des tarifs de l'année précédente ;
    • ventiler les volumes prévisionnels par période réglementaire plutôt qu'en moyenne sur douze mois ;
    • intégrer explicitement les dates d'effet des arrêtés dans les outils de suivi budgétaire ;
    • raisonner site par site lorsque le parc est réparti sur plusieurs points de livraison.

    Cette lecture par périodes transforme une contrainte fiscale en un paramètre maîtrisé de la stratégie énergétique. Elle demande une heure de paramétrage, une fois, et elle supprime durablement une source d'écart récurrente.

    Comment l'accise est calculée sur votre facture

    Le calcul est arithmétiquement simple, ce qui rend d'autant plus regrettable de payer au mauvais taux.

    L'accise s'applique à votre consommation réelle d'électricité, exprimée en mégawattheures. Elle ne dépend ni de votre puissance souscrite, ni du prix du kWh que vous avez négocié, ni de votre fournisseur. Deux entreprises identiques qui achètent leur électricité à des prix très différents paient exactement la même accise.

    La formule tient en une ligne :

    Accise due = consommation en MWh x tarif applicable en €/MWh

    Un exemple professionnel. Une PME consommant 600 MWh par an, relevant de la catégorie entreprises et assimilées, au tarif appliqué de 26,35 €/MWh depuis le 1er août 2026 :

    600 x 26,35 = 15 810 euros d'accise sur l'année.

    Un exemple domestique, pour situer les ordres de grandeur. Un foyer consommant 4 500 kWh par an, soit 4,5 MWh, au tarif ménages de 30,62 €/MWh : 4,5 x 30,62 = 137,79 euros par an. Le même mécanisme, deux échelles très différentes, et c'est précisément pourquoi une erreur de tarif passe inaperçue chez un particulier et devient un enjeu à cinq chiffres dans une entreprise.

    Attention à une confusion classique : une consommation annuelle élevée ne se traduit pas mécaniquement par un impact proportionnel si les volumes sont répartis différemment dans le temps ou entre plusieurs sites. Pour passer d'un taux à un impact réel, il faut convertir correctement les kilowattheures en mégawattheures, ventiler les volumes par période tarifaire, puis appliquer à chaque bloc le tarif de sa catégorie.

    Où lire l'accise sur votre facture

    L'accise figure dans la rubrique taxes et contributions de votre facture d'électricité. Le libellé varie selon l'ancienneté du système de facturation de votre fournisseur : « accise sur l'électricité », « accise sur l'électricité (ex-TICFE) », parfois encore « TICFE » ou « CSPE ». Le montant indiqué correspond à la quantité consommée sur la période multipliée par le tarif unitaire applicable à votre catégorie.

    Elle est distincte de la CTA, la contribution tarifaire d'acheminement, qui ne repose pas sur vos volumes mais sur la part fixe de l'acheminement, et distincte de la TVA, qui s'applique par-dessus l'ensemble, accise comprise. Confondre ces trois lignes conduit à une lecture globale erronée de la fiscalité : une hausse de quelques euros par mégawattheure sur l'accise peut être masquée ou amplifiée par d'autres composantes si la facture n'est pas analysée ligne par ligne.

    Les trois vérifications à faire sur votre prochaine facture

    Un contrôle de dix minutes suffit à écarter les anomalies les plus fréquentes.

    La base taxée. Comparez les mégawattheures portés sur la ligne d'accise avec ceux de la ligne de fourniture. Un écart inexpliqué entre les deux mérite une question au fournisseur : il traduit souvent une estimation de consommation jamais régularisée.

    Le tarif unitaire. Vérifiez qu'il correspond bien à la période facturée et à votre catégorie. Une facture couvrant à cheval le 31 juillet et le 1er août doit faire apparaître deux tarifs distincts, ou une ventilation au prorata.

    La prise en compte de votre attestation. Si vous avez transmis une attestation de tarif réduit, le tarif unitaire porté sur la facture doit l'être aussi. C'est l'erreur la plus coûteuse et la plus facile à repérer : le droit est ouvert, mais il n'est pas appliqué, et personne ne s'en aperçoit avant la clôture.

    Les taux réduits et exonérations d'accise : qui peut en bénéficier ?

    C'est ici que se joue l'essentiel, et c'est ici que la loi de finances pour 2026 a tout changé. L'ancienne grille, empilée au fil des années, a été remplacée par une échelle unique fondée sur un seul critère : l'intensité énergétique de votre activité.

    Ces tarifs réduits ne relèvent ni d'un avantage commercial ni d'une négociation avec votre fournisseur. Ils sont strictement définis par le code des impositions sur les biens et services et visent à limiter l'impact de la fiscalité énergétique sur les activités pour lesquelles l'électricité est un facteur de production critique. L'enjeu, pour une entreprise, n'est donc pas de demander une aide, mais de démontrer son éligibilité à un régime prévu par les textes.

    La grille applicable depuis le 1er janvier 2026

    Niveau d'intensité énergétique Catégorie Tarif
    de 0,5 % à 2,25 % Grand consommateur d'électricité 5,5 €/MWh
    de 2,25 % à 6,75 % Électro-sensible 3 €/MWh
    de 6,75 % à 13,5 % Électro-intensif 0,5 €/MWh
    supérieur à 13,5 % Hyper électro-intensif 0,5 €/MWh
    activités exposées à la concurrence internationale 0,5 €/MWh

    Le tarif de 0,5 €/MWh correspond au minimum communautaire, c'est-à-dire au plancher en dessous duquel la réglementation européenne ne permet pas de descendre pour un usage professionnel. Il s'applique aussi au transport guidé de personnes ou de marchandises, ferroviaire notamment, et au transport collectif routier de personnes.

    Deux points de vigilance. D'abord, le régime unique à 0,5 €/MWh dont bénéficiaient les entreprises électro-intensives jusqu'au 31 décembre 2025 a disparu au profit de cette échelle : une attestation établie sous l'ancien régime ne vaut plus. Ensuite, la liste des activités regardées comme exposées à la concurrence internationale est fixée par voie réglementaire et évolue : elle se vérifie à la date de votre demande.

    Les usages totalement exonérés

    Certains usages sortent purement et simplement du champ de la taxe et supportent un tarif nul :

    • le double usage, lorsque l'électricité sert à la fois d'énergie et de matière première ou d'agent de procédé, ce qui vise notamment l'électrolyse et la réduction chimique ;
    • les procédés métallurgiques et les procédés minéralogiques, c'est-à-dire la fabrication de produits minéraux non métalliques ;
    • la production de biens très intensive en électricité, lorsque le coût de l'électricité représente une part prépondérante du coût du produit ;
    • l'électricité consommée pour les besoins de la production d'électricité, qui n'est pas taxée à ce stade puisqu'elle le sera au moment de la livraison au consommateur final.

    Ces exonérations répondent à des critères stricts. Elles ne s'apprécient jamais au niveau global de l'entreprise mais usage par usage et site par site, ce qui suppose de pouvoir isoler les volumes concernés dans vos relevés.

    Les secteurs et codes NAF les plus fréquemment concernés

    Aucun code NAF n'ouvre à lui seul un droit à tarif réduit : l'éligibilité repose sur l'intensité énergétique et sur la nature de l'usage. Le code d'activité reste néanmoins un bon indicateur de départ pour savoir s'il vaut la peine de lancer le calcul. Les profils que l'on retrouve le plus souvent sont les suivants :

    • l'industrie manufacturière, section C de la nomenclature d'activités française : métallurgie, chimie, plasturgie, papeterie, verrerie, cimenterie ;
    • le transport ferroviaire et guidé, codes 4910 et 4920, au titre de la consommation de traction ;
    • les exploitations agricoles à procédés énergivores, serres chauffées, irrigation électrique, séchage, dont l'éligibilité dépend étroitement du volume consommé et de la part du process dans la valeur ajoutée ;
    • l'agroalimentaire de transformation, y compris la boulangerie industrielle, code 1071B, lorsque la cuisson en fours industriels représente une part significative de la consommation ;
    • les activités très consommatrices d'électricité en continu, dont les centres de données, code 6311Z, pour lesquelles la qualification se fait sur le ratio d'intensité énergétique et non sur l'appartenance sectorielle.

    En pratique, l'enjeu financier justifie une étude à partir de quelques centaines de mégawattheures consommés par an. En dessous, l'écart récupérable couvre rarement le temps passé à constituer le dossier, sauf si l'entreprise relève d'un usage totalement exonéré.

    Comment se calcule l'intensité énergétique

    C'est le point technique qui décide de tout, et celui sur lequel les entreprises se trompent le plus souvent, dans les deux sens : certaines se croient éligibles sans l'être, d'autres passent à côté d'un droit acquis.

    L'intensité énergétique rapporte le coût de l'énergie supporté par l'entreprise à un agrégat économique de référence, valeur de production ou valeur ajoutée selon la méthode retenue. Le résultat s'exprime en pourcentage et se compare aux seuils de la grille. Plus ce ratio est élevé, plus l'électricité pèse dans votre modèle économique, et plus le tarif d'accise applicable descend.

    Trois points de vigilance dans la construction du ratio :

    • le périmètre, qui s'apprécie au niveau pertinent de l'activité et non nécessairement au niveau de l'entreprise entière. Un groupe multi-activités peut être éligible sur un site et pas sur un autre ;
    • la période de référence, qui doit correspondre à un exercice complet et documenté ;
    • les données comptables mobilisées, qui doivent être reconstituables en cas de contrôle et cohérentes avec la définition retenue par l'administration, et non avec une définition maison de la valeur ajoutée.

    Ce calcul se fait à partir des comptes et des factures d'énergie de l'exercice. Il n'a rien d'insurmontable, mais il gagne à être mené avec quelqu'un qui l'a déjà fait, parce qu'une erreur de périmètre invalide tout le dossier.

    Combien pouvez-vous économiser ? Exemples chiffrés

    Le gain potentiel d'un tarif réduit est directement proportionnel à la consommation annuelle du site et à l'écart entre le tarif appliqué et le tarif auquel vous avez droit. Il ne suppose ni investissement, ni changement de fournisseur, ni modification de votre installation.

    L'écart annuel selon votre consommation

    Le tableau ci-dessous compare l'accise due au tarif entreprises en vigueur depuis le 1er août 2026, soit 26,35 €/MWh, avec celle due aux principaux tarifs réduits de la grille 2026. Les montants sont hors taxes et arrondis à l'euro.

    Consommation annuelle Tarif plein 26,35 €/MWh Grand consommateur 5,5 €/MWh Électro-sensible 3 €/MWh Électro-intensif 0,5 €/MWh
    500 MWh 13 175 € 2 750 € (écart 10 425 €) 1 500 € (écart 11 675 €) 250 € (écart 12 925 €)
    1 000 MWh (1 GWh) 26 350 € 5 500 € (écart 20 850 €) 3 000 € (écart 23 350 €) 500 € (écart 25 850 €)
    5 000 MWh (5 GWh) 131 750 € 27 500 € (écart 104 250 €) 15 000 € (écart 116 750 €) 2 500 € (écart 129 250 €)
    20 000 MWh (20 GWh) 527 000 € 110 000 € (écart 417 000 €) 60 000 € (écart 467 000 €) 10 000 € (écart 517 000 €)

    Reprenons l'exemple de la PME citée plus haut, celle qui consomme 600 MWh par an et paie 15 810 euros d'accise. Si elle justifie une intensité énergétique de 3 %, elle relève de la catégorie électro-sensible à 3 €/MWh, soit 1 800 euros. L'écart annuel est de 14 010 euros, pour un dossier administratif et non pour un investissement. C'est la raison pour laquelle la vérification d'éligibilité mérite d'être faite sérieusement, même quand on pense ne pas être concerné.

    Et sur les exercices passés : le remboursement rétroactif

    Certaines entreprises ont acquitté l'accise au tarif plein alors qu'elles remplissaient les conditions d'un tarif réduit, faute d'avoir transmis une attestation à temps ou faute d'avoir identifié leur éligibilité. Dans ce cas, une demande de remboursement du trop-versé reste possible auprès de la DGFiP, sans passer par le fournisseur.

    Le délai est la contrainte principale. La demande de remboursement doit être déposée au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant le paiement de la taxe. Chaque mois qui passe fait donc tomber une tranche de créance, et un dossier lancé tardivement se solde presque toujours par une récupération partielle.

    L'enjeu reste substantiel. Un site consommant 1 GWh par an et éligible au tarif grand consommateur récupère de l'ordre de 20 850 euros par exercice concerné ; sur un site à 5 GWh éligible au tarif électro-sensible, l'ordre de grandeur dépasse 116 000 euros par exercice. Le dossier suppose de rassembler les factures de la période, de reconstituer le calcul d'intensité énergétique et de produire les justificatifs comptables associés. La procédure détaillée, les formulaires et les motifs de rejet les plus fréquents sont traités dans notre guide dédié au remboursement de la CSPE et de la TICFE.

    Comment obtenir le tarif réduit : attestation ou remboursement

    Identifier son éligibilité ne suffit pas. Le tarif réduit n'est jamais automatique, et il existe deux voies pour le faire produire ses effets, avec des implications très différentes en matière de trésorerie et de sécurisation.

    L'application directe par attestation auprès du fournisseur

    La première voie consiste à faire appliquer le tarif réduit directement sur vos factures. Vous transmettez à votre fournisseur une attestation, le formulaire n° 2040-TIC-ATT-E-SD, indiquant vos usages non taxables ou taxables à taux réduit ainsi que les proportions applicables. Le fournisseur applique alors le tarif correspondant sur les livraisons à venir.

    Trois règles pratiques déterminent l'effet de cette démarche :

    • la date de transmission : les attestations reçues au plus tard le 10 du mois sont prises en compte par le fournisseur pour les livraisons de ce mois, celles reçues après le 10 le sont pour les livraisons du mois suivant ;
    • la durée de validité : l'attestation vaut pour toute la durée du contrat de fourniture, mais une nouvelle attestation doit être établie avant tout changement ou toute fin d'éligibilité ;
    • la portée : elle ne vaut que pour les quantités non encore facturées, ce qui explique qu'elle ne règle jamais la question du passé.

    L'avantage est immédiat : le tarif réduit s'applique dès les prochaines factures, sans avance de trésorerie. La contrepartie est une exigence de rigueur, car l'attestation engage votre responsabilité. Elle doit être exacte, justifiée et cohérente avec la réalité de vos usages. Ne la traitez jamais comme une formalité de signature.

    La demande de remboursement a posteriori

    La seconde voie consiste à acquitter l'accise au tarif plein, puis à demander le remboursement du trop-perçu à l'administration. Pour un consommateur final, la régularisation passe par la déclaration n° 3310-TIC-SD, annexe à la déclaration de TVA, déposée par téléprocédure sur votre espace professionnel : l'excédent s'impute sur la TVA due et le surplus vous est remboursé.

    Cette voie est souvent retenue lorsque l'éligibilité n'est pas encore stabilisée, lorsque l'entreprise préfère sécuriser sa position avant de modifier l'application sur facture, ou lorsque plusieurs sites et usages complexes rendent l'attestation délicate à rédiger. Elle a un coût de trésorerie temporaire, mais elle offre parfois un niveau de sécurité juridique plus élevé.

    Dans les deux cas, vous devez établir en fin d'exercice un état récapitulatif annuel, formulaire n° 2040-TIC-ERA-E-SD, qui ventile les quantités d'électricité par tarif et par usage. Il n'est pas déposé mais doit être conservé et présenté en cas de contrôle.

    Choisir la bonne voie selon votre profil

    Il n'existe pas de solution universelle. Le bon arbitrage dépend de la stabilité de vos usages électriques, de votre capacité à documenter précisément votre éligibilité, de vos contraintes de trésorerie et de votre appétence au risque réglementaire. C'est une décision de gestion du risque autant qu'un choix technique, et c'est précisément pour cela que DUNE Energie l'instruit au cas par cas plutôt qu'en appliquant une règle générale.

    En pratique, la combinaison la plus fréquente consiste à déposer une attestation pour l'avenir et, en parallèle, à instruire une demande de remboursement pour les exercices encore ouverts. L'une traite le flux, l'autre traite le stock.

    Vos obligations de suivi et les risques de non-conformité

    L'éligibilité n'est jamais acquise une fois pour toutes. Un site tertiaire peut devenir partiellement industriel, une ligne de production peut être arrêtée, une puissance souscrite peut être modifiée : chacun de ces changements peut remettre en cause le régime applicable.

    Vos obligations tiennent en trois points : vérifier annuellement votre intensité énergétique et le maintien de vos conditions d'éligibilité, conserver les justificatifs correspondants, signaler toute modification d'activité susceptible d'affecter votre statut fiscal. Sur le premier point, la durée de conservation des pièces est de six ans à compter de la date de la dernière opération ou de l'établissement du document, conformément à l'article L. 102 B du livre des procédures fiscales.

    Le non-respect de ces obligations expose à la perte du tarif réduit, à une régularisation rétroactive des montants dus et, le cas échéant, à des pénalités. Une documentation absente ou incohérente avec les factures est le premier motif de remise en cause lors d'un contrôle.

    Les erreurs qui coûtent cher et les bonnes pratiques

    La majorité des difficultés liées à l'accise ne vient pas d'un manque de textes, mais d'une lecture approximative. Les mêmes situations reviennent, et elles sont d'autant plus difficiles à détecter qu'elles se diluent dans des factures complexes ou dans des regroupements multi-sites.

    Les erreurs les plus fréquemment observées

    • Ne jamais avoir remis d'attestation à son fournisseur, et donc payer le tarif plein depuis des années alors que l'éligibilité était acquise.
    • Avoir remis une attestation obsolète, établie sous l'ancienne grille et jamais mise à jour après la refonte du 1er janvier 2026.
    • Appliquer un tarif unique sur toute l'année, sans distinguer le mois de janvier ni la bascule du 1er février et du 1er août.
    • Retenir une catégorie fiscale inadaptée au site, en se fondant sur la taille de l'entreprise plutôt que sur les caractéristiques du point de livraison.
    • Confondre accise, CTA et TVA, ce qui conduit à attribuer à l'une une variation qui vient d'une autre.
    • Ne pas produire l'état récapitulatif annuel, ce qui expose à une régularisation défavorable.
    • Oublier la prescription : le droit à réclamation n'est pas ouvert indéfiniment, et chaque année qui passe fait tomber une année de récupération possible.

    Les bonnes pratiques pour sécuriser l'accise dans la durée

    À l'inverse, quelques réflexes simples suffisent à fiabiliser durablement ce poste :

    • analyser la facture ligne par ligne, en isolant clairement l'accise des autres taxes ;
    • raisonner systématiquement par période réglementaire, et non par année civile ;
    • vérifier la catégorie fiscale de chaque point de livraison après toute évolution de puissance ou d'usage ;
    • documenter les choix effectués, en particulier lorsqu'un tarif réduit est appliqué ;
    • mettre en place un contrôle annuel, même en l'absence de changement apparent.

    Cette discipline évite les erreurs, mais elle fait surtout autre chose : elle vous met en position de justifier vos positions en cas de contrôle, ce qui est le vrai sujet dès lors qu'un tarif réduit est en jeu.

    CTA DUNE Energie - Accise electricite (ex-TICFE) 2026

    Vous pensez être éligible à un tarif réduit d'accise ?

    Accise sur l'électricité et accise sur le gaz : les différences

    Le gaz naturel supporte lui aussi une accise, longtemps connue sous le nom de TICGN, la taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel. Elle obéit à la même architecture depuis la refonte du CIBS, mais ses montants et sa logique diffèrent nettement.

    Accise sur l'électricité Accise sur le gaz naturel
    Ancien nom CSPE, puis TICFE TICGN
    Unité euros par MWh euros par MWh
    Tarif appliqué, entreprises 26,35 €/MWh depuis le 1er août 2026 16,66 €/MWh depuis le 1er août 2026, usage combustible
    Distinction principale ménages et assimilés / entreprises et assimilées usage combustible / usage carburant
    Usage carburant sans objet 5,23 €/MWh pour le gaz naturel véhicule
    Tarifs réduits échelle par intensité énergétique régimes d'exonération et tarifs réduits par usage

    Deux enseignements pratiques. D'abord, l'accise sur le gaz est plus légère que celle sur l'électricité en valeur faciale, ce qui n'en fait pas pour autant un poste négligeable sur un site fortement consommateur de chaleur. Ensuite, une entreprise qui consomme les deux énergies doit mener deux analyses distinctes : être éligible à un tarif réduit sur l'électricité n'ouvre aucun droit automatique sur le gaz, et réciproquement. La mécanique déclarative est en revanche la même, avec une attestation propre au gaz et la même régularisation par l'annexe à la déclaration de TVA.

    Les montants d'accise sur le gaz cités ici intègrent, comme pour l'électricité, la majoration au titre de la péréquation, et sont à jour au 3 septembre 2026.

    La CTA, une contribution d'une autre nature

    Troisième sigle de la rubrique taxes, la contribution tarifaire d'acheminement est régulièrement confondue avec l'accise, alors que sa logique est différente sur trois points.

    Elle ne porte pas sur vos volumes consommés mais sur la part fixe du tarif d'acheminement, le TURPE pour l'électricité, les tarifs ATRD et ATRT pour le gaz. Elle ne finance pas le budget de l'État mais les droits spécifiques de retraite des personnels des industries électriques et gazières, via la caisse nationale des IEG : c'est une contribution de solidarité sectorielle, pas une taxe d'État. Enfin, son taux est fixé en pourcentage et non en euros par mégawattheure : depuis le 1er février 2026, il s'établit à 5 % pour les consommateurs raccordés au réseau de transport (RTE) et à 15 % pour ceux raccordés aux réseaux de distribution (Enedis, ELD), HTA comprise, le taux applicable à la distribution de gaz restant à 20,80 %.

    La conséquence est directe sur l'optimisation : l'accise se réduit par la qualification fiscale de votre activité, la CTA se réduit par le dimensionnement de votre raccordement et de votre puissance souscrite. Les deux leviers sont indépendants, et le détail figure dans notre fiche consacrée à la contribution tarifaire d'acheminement.

    Le cas des entreprises multi-sites

    Une entreprise disposant de plusieurs sites doit raisonner site par site, ou plus exactement activité par activité. Deux établissements d'un même groupe peuvent relever de catégories fiscales différentes, l'un au tarif plein, l'autre au tarif réduit, sans que cela pose la moindre difficulté administrative dès lors que chaque situation est correctement documentée et que l'attestation remise au fournisseur reflète la réalité de chaque point de livraison.

    C'est un travail de collecte et de mise en cohérence plus qu'un travail d'expertise fiscale : rassembler les points de livraison, les consommations, les activités réelles et les données comptables associées. Sur un parc de plusieurs dizaines de compteurs, c'est précisément là que se perdent les euros, et c'est aussi là que se logent les deux risques symétriques : passer à côté d'un droit légitime, ou appliquer à tort un tarif réduit sur un site qui n'y a pas droit.

    Ce que l'accise représente dans une facture professionnelle

    Pour arbitrer correctement, il faut situer l'accise par rapport aux autres postes. Une facture d'électricité professionnelle se décompose en quatre blocs.

    La fourniture. C'est le prix de l'électron, celui que vous négociez avec votre fournisseur. C'est le poste le plus volatil, le seul qui se renégocie librement, et celui sur lequel se concentre l'essentiel de l'attention des dirigeants.

    L'acheminement. C'est le TURPE, le tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité, qui rémunère le transport et la distribution. Il est fixé par la Commission de régulation de l'énergie, il ne se négocie pas, mais il s'optimise : le choix de la puissance souscrite et de l'option tarifaire a un effet direct sur son montant. Le détail est traité dans notre guide sur le TURPE 2026.

    Les taxes et contributions. L'accise sur l'électricité, objet de cette page, et la CTA.

    La TVA, qui s'applique sur l'ensemble, au taux de 20 % depuis le 1er août 2025 sur la totalité de la facture, abonnement compris. L'accise entre dans son assiette : une hausse d'accise entraîne donc mécaniquement une hausse de TVA. Le sujet est développé dans notre article sur la TVA sur l'électricité et le gaz.

    Un exemple de décomposition

    Sur un site professionnel consommant 600 MWh dans l'année, l'accise représente 15 810 euros au tarif entreprises en vigueur. À côté, la fourniture se compte en dizaines de milliers d'euros et varie selon le contrat négocié, l'acheminement dépend de la puissance souscrite et de l'option tarifaire retenue, et la TVA s'ajoute par-dessus l'ensemble.

    L'exercice utile n'est pas de comparer ces montants dans l'absolu, mais de regarder lesquels sont actionnables et à quel coût. Renégocier la fourniture suppose une consultation du marché et une échéance de contrat. Optimiser l'acheminement suppose une analyse de courbe de charge. Corriger le tarif d'accise suppose un calcul et une attestation. Sur beaucoup de sites, c'est le troisième chantier qui offre le meilleur rapport entre l'effort demandé et le gain obtenu, et c'est pourtant celui qu'on lance en dernier.

    Le poids relatif de l'accise dans cette structure varie fortement selon votre profil. Un site à faible consommation et forte puissance souscrite verra l'acheminement peser lourd ; un site industriel fonctionnant en base verra la fourniture dominer. Ce qui ne varie pas, c'est ceci : l'accise est le seul de ces postes qui puisse être divisé par cinq ou par dix par une simple démarche déclarative, sans changer de fournisseur, sans investir et sans modifier votre installation.

    C'est la raison pour laquelle DUNE Energie traite systématiquement la fiscalité en parallèle de la négociation des contrats. Vérifier l'accise coûte quelques heures d'analyse. Ne pas la vérifier peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros par an, année après année.

    Comparer des offres sans fausser la lecture

    Un piège fréquent consiste à comparer des offres d'électricité sur la base du seul prix de l'énergie. L'accise s'applique de manière identique à toutes les offres, à condition que la catégorie et le régime soient correctement identifiés : elle ne constitue donc jamais un critère de choix entre deux fournisseurs, mais elle fausse la comparaison dès qu'elle est intégrée de façon incohérente d'une proposition à l'autre.

    Une comparaison fiable suppose d'intégrer l'accise selon le régime réellement applicable à l'entreprise, de vérifier que les hypothèses de consommation sont les mêmes dans toutes les propositions et de ne jamais mélanger des périodes ou des sites soumis à des régimes différents. À défaut, vous comparez des chiffres qui ne décrivent pas la même réalité.

    Notez au passage que l'accise constitue un bon indicateur de suivi. Puisqu'elle est strictement proportionnelle aux volumes, toute variation significative d'un exercice à l'autre, à tarif constant, signale un changement d'usage, une dérive de consommation ou au contraire un gain de performance énergétique.

    Ce qu'il faut retenir

    • L'accise sur l'électricité, ex-TICFE et ex-CSPE, est une taxe proportionnelle aux volumes consommés, distincte de la CTA et de la TVA, identique chez tous les fournisseurs.
    • Depuis le 1er août 2026, le tarif appliqué s'établit à 26,35 €/MWh pour les entreprises et assimilées et à 30,62 €/MWh pour les ménages et assimilés, majoration comprise.
    • L'année comporte plusieurs périodes tarifaires, avec des bascules au 1er février et au 1er août : les factures à cheval doivent être ventilées au prorata.
    • La grille des tarifs réduits a été entièrement refondue au 1er janvier 2026 autour de l'intensité énergétique, avec des tarifs de 5,5 à 0,5 €/MWh et des exonérations totales pour certains usages.
    • Le tarif réduit n'est jamais automatique : il s'obtient par attestation pour l'avenir, par remboursement pour le passé, dans un délai courant jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant le paiement.

    Mise en garde nécessaire. Les tarifs d'accise sont révisés au moins deux fois par an et les catégories fiscales ont été refondues au 1er janvier 2026. Les montants et les seuils cités sur cette page sont à jour au 3 septembre 2026 et doivent être revérifiés à la date de votre demande. Cette page a une vocation d'information générale et ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.

    CTA DUNE Energie - Accise electricite (ex-TICFE) 2026

    Faites auditer la fiscalité de vos factures d'électricité et de gaz

    FAQ : l'accise sur l'électricité (ex-TICFE, ex-CSPE)

    Quel est le montant de l'accise sur l'électricité en 2026 ?

    Depuis le 1er août 2026, le tarif appliqué est de 26,35 euros par mégawattheure pour les entreprises et assimilées, et de 30,62 euros par mégawattheure pour les ménages et assimilés, majoration au titre de la péréquation comprise. Sur la période précédente, du 1er février au 31 juillet 2026, ces montants s'élevaient respectivement à 26,58 et 30,85 euros par mégawattheure.

    Quelle différence entre CSPE, TICFE et accise ?

    Aucune sur le fond : ce sont trois noms successifs de la même taxe sur la consommation d'électricité. CSPE est le nom historique, TICFE celui qui l'a suivi après la fusion des deux dispositifs, et accise sur l'électricité le nom actuel depuis l'intégration au code des impositions sur les biens et services. Les anciennes appellations restent courantes sur les factures et dans les échanges.

    Qui paie l'accise sur l'électricité ?

    Tout consommateur final d'électricité en France, particulier, entreprise ou collectivité. Elle est collectée par le fournisseur d'énergie, qui la fait figurer sur la facture et la reverse à l'État via la direction générale des finances publiques. Le consommateur en supporte donc la charge, mais ne la déclare pas lui-même, sauf en cas de régularisation liée à un tarif réduit.

    Comment l'accise apparaît-elle sur la facture d'électricité ?

    Elle figure dans la rubrique taxes et contributions, sous un libellé du type « accise sur l'électricité (ex-TICFE) ». La ligne indique la quantité consommée sur la période en mégawattheures, le tarif unitaire applicable en euros par mégawattheure et le montant qui en résulte. Selon l'ancienneté du système de facturation, la mention TICFE ou CSPE peut encore apparaître.

    Comment calculer l'accise sur une facture d'électricité ?

    Multipliez votre consommation de la période, exprimée en mégawattheures, par le tarif applicable à votre catégorie. Pour une entreprise consommant 600 MWh au tarif de 26,35 euros par mégawattheure, l'accise annuelle s'élève à 15 810 euros. Le prix du kWh négocié n'entre pas dans ce calcul, pas plus que votre puissance souscrite.

    Quelles entreprises bénéficient d'un taux réduit d'accise ?

    Celles dont l'intensité énergétique dépasse 0,5 %, selon une échelle allant de 5,5 euros par mégawattheure à 0,5 euro pour les activités les plus électro-intensives. S'y ajoutent les activités exposées à la concurrence internationale, le transport guidé et le transport collectif routier de personnes. Certains usages, comme l'électrolyse, la réduction chimique ou les procédés minéralogiques, sont totalement exonérés.

    Quels codes NAF sont éligibles au taux réduit d'accise ?

    Aucun code NAF n'ouvre de droit à lui seul : l'éligibilité repose sur l'intensité énergétique et sur la nature de l'usage. Les profils les plus fréquemment concernés relèvent de l'industrie manufacturière, section C de la nomenclature, du transport ferroviaire et guidé, de certains procédés agricoles énergivores et des activités très consommatrices en continu. Le code d'activité sert d'indicateur de départ, pas de justificatif.

    L'accise sur l'électricité est-elle récupérable ?

    Elle n'est pas récupérable comme la TVA. En revanche, une entreprise qui a acquitté l'accise au tarif plein alors qu'elle était éligible à un tarif réduit ou à une exonération peut en demander le remboursement à la direction générale des finances publiques. Cette démarche suppose de justifier son intensité énergétique et ses usages, pièces comptables à l'appui.

    Dans quel délai peut-on demander le remboursement de l'accise trop payée ?

    La demande de remboursement doit être déposée au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant le paiement de la taxe. Passé ce délai, la créance est définitivement perdue. Pour un consommateur final, la régularisation passe par la déclaration n° 3310-TIC-SD, annexe à la déclaration de TVA, déposée par téléprocédure sur votre espace professionnel.

    L'accise sur l'électricité est-elle soumise à la TVA ?

    Oui. L'accise entre dans l'assiette de la TVA, comme la CTA, et se trouve donc taxée au taux normal de 20 %. C'est le mécanisme classique de la taxe sur la taxe en fiscalité énergétique. Une entreprise assujettie récupère cette TVA, mais l'accise elle-même reste à sa charge : c'est là que se situe le gisement d'économies.

    Peut-on cumuler un taux réduit d'accise avec une optimisation du TURPE ?

    Oui, les deux dispositifs sont totalement indépendants. Le tarif réduit d'accise dépend de la qualification fiscale de votre activité, l'optimisation du TURPE dépend de votre puissance souscrite, de votre option tarifaire et de votre profil de soutirage. Une même entreprise peut donc actionner les deux leviers en parallèle, ainsi que la vérification de sa CTA.

    Le montant de l'accise change-t-il selon le fournisseur d'électricité ?

    Non. L'accise est fixée par arrêté et s'applique à l'identique chez tous les fournisseurs, historiques comme alternatifs, en offre de marché comme au tarif réglementé de vente. Elle ne constitue donc jamais un critère de choix entre deux propositions commerciales. Seul le tarif correspondant à votre catégorie fiscale et à votre régime d'éligibilité fait varier le montant.

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