Les heures pleines et heures creuses ne sont plus le dispositif stable qu'elles ont été pendant soixante ans. Depuis le 1er novembre 2025, la Commission de régulation de l'énergie a engagé une refonte complète du placement des plages horaires, et une nouvelle étape est entrée en vigueur au 1er août 2026. Pour une entreprise, la question n'est plus de savoir si l'option est intéressante dans l'absolu, mais de vérifier ce que deviennent ses propres plages et à quelle date.
Cet article fait le point sur le cadre en vigueur : ce que dit la règle aujourd'hui, ce que change la réforme saison par saison, quand chaque catégorie de client bascule, et comment décider entre l'option base et l'option heures pleines heures creuses sur des chiffres plutôt que sur une intuition.
Les montants et les délibérations cités sont à jour au 8 septembre 2026. Les barèmes de l'énergie évoluent au 1er février et au 1er août : vérifiez le millésime en vigueur à la date de votre décision.
Heures pleines et heures creuses : ce que dit la règle en 2026
L'option heures pleines heures creuses est commercialisée par les fournisseurs, mais les horaires ne se choisissent pas. Ils sont fixés par le gestionnaire de réseau, dans un cadre arrêté par le régulateur. C'est la première chose à comprendre, parce qu'elle explique pourquoi deux sites voisins peuvent avoir des plages différentes et pourquoi aucun fournisseur ne peut vous en promettre de meilleures.
Pourquoi deux prix selon l'heure
Le système électrique doit équilibrer production et consommation à chaque instant. Certaines périodes concentrent la demande : démarrage des activités, éclairage, chauffage, process simultanés. Ces pointes sollicitent les infrastructures et coûtent cher à l'ensemble du système.
Le principe du dispositif tient en une phrase : inciter financièrement à déplacer une partie des usages vers les périodes où le réseau est moins sollicité. Le prix du kWh est plus élevé en heures pleines, plus bas en heures creuses. Le signal ne vous demande pas de consommer plus, mais de consommer au bon moment.
La règle des 16 heures pleines et 8 heures creuses
La journée reste découpée en 16 heures pleines et 8 heures creuses. Ce volume n'a pas changé avec la réforme, contrairement à ce qu'on lit souvent. Ce qui change, c'est le placement de ces 8 heures. La CRE a fixé deux bornes :
- au moins 5 heures creuses consécutives au cœur de la nuit ;
- au maximum 3 heures creuses l'après-midi, sur la plage 11h-17h.
Autrement dit, le socle nocturne est préservé et le complément bascule vers le milieu de journée. Pour une entreprise, la conséquence est directe : ce n'est pas l'intitulé « heures creuses » qui crée l'économie, c'est votre capacité réelle à déplacer des usages vers ces plages précises.
Un dispositif piloté par le réseau, pas par le fournisseur
Les plages relèvent du cadre réglementaire fixé par la CRE dans le tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité, et de sa mise en œuvre par Enedis ou par l'entreprise locale de distribution qui dessert votre commune. Le fournisseur applique la structure tarifaire dans ses offres, il ne décide pas des horaires.
Ce point évite une déception classique lors d'un changement de contrat : changer de fournisseur ne change pas vos heures creuses. Cela change le prix du kWh appliqué à chacune des deux plages, ce qui n'est pas la même chose.
Ce que change la réforme des heures creuses au 1er août 2026
La réforme a été décidée dans le cadre du TURPE 7, par les délibérations de la CRE du 13 mars 2025. Elle a été précisée par la délibération n° 2026-33 du 4 février 2026, qui a réécrit les règles de placement des plages et dont les effets s'appliquent au 1er août 2026. C'est cette dernière étape qui intéresse aujourd'hui les entreprises.
Les nouvelles règles de placement, saison par saison
Le TURPE raisonne en deux saisons : la saison haute couvre novembre à mars, la saison basse avril à octobre. Les règles de placement diffèrent désormais nettement de l'une à l'autre.
Source : délibération CRE n° 2026-33 du 4 février 2026 portant modification du TURPE 7. Règles applicables au 1er août 2026.
La logique est lisible. En saison basse, la production photovoltaïque est abondante en milieu de journée et la demande fléchit : le régulateur pousse les heures creuses vers 11h-17h. En saison haute, la contrainte se déplace vers les pointes du matin et du soir, et le placement redevient plus libre.
La levée du gel des heures creuses méridiennes
Jusqu'ici, les heures creuses de milieu de journée sur la tranche 11h-14h ne pouvaient pas être attribuées aux nouveaux clients en saison haute. La délibération du 4 février 2026 a levé ce gel, avec effet au 1er août 2026. Concrètement, un site raccordé aujourd'hui peut se voir attribuer des heures creuses méridiennes toute l'année, et plus seulement pendant la saison basse.
Pour un site industriel ou tertiaire équipé d'une gestion technique du bâtiment, c'est l'évolution la plus exploitable de la réforme : elle rend possible une programmation identique été comme hiver sur la tranche du midi, là où il fallait auparavant deux scénarios distincts.
Pourquoi le midi devient la nouvelle nuit
Le dispositif avait été conçu pour écouler la production nucléaire nocturne. Soixante ans plus tard, la situation s'est inversée sur une partie de l'année : le photovoltaïque produit massivement en milieu de journée, au moment où la consommation retombe. Déplacer une partie de la demande vers ce creux coûte moins cher au système que de renforcer les réseaux.
Cette bascule n'est pas cosmétique. Elle signifie qu'une stratégie de pilotage calée uniquement sur des heures creuses nocturnes est en train de perdre une partie de sa pertinence, et qu'un site capable de consommer entre 11h et 17h dispose d'un levier qui n'existait pas il y a trois ans.
Le calendrier de bascule : qui change d'heures creuses, et quand
C'est la question la plus concrète, et celle où circulent le plus d'informations fausses. Le déploiement s'étale du 1er novembre 2025 à la fin 2027 et concerne, selon Enedis, 14,5 millions de clients équipés d'une offre heures pleines heures creuses. Il se fait en deux vagues, et les professionnels ne sont pas dans la première.
Phase 1 : novembre 2025 à juin 2026
La première vague a porté sur 1,7 million de clients, ceux qui disposaient déjà d'heures creuses réparties entre la nuit et la journée. Ils ont reçu de nouveaux horaires, identiques été et hiver. Cette phase est terminée.
Phase 2 : décembre 2026 à octobre 2027
La seconde vague concerne 9,3 millions de clients supplémentaires, ceux qui sont aujourd'hui sur des heures creuses classiques. C'est à ce moment que la saisonnalité entre réellement en jeu : ces clients auront des plages différentes en saison haute et en saison basse.
Les professionnels : second semestre 2027
Le point à retenir pour une entreprise est celui-ci : Enedis traite les clients professionnels à la fin du projet, au second semestre 2027. Si votre site n'a pas encore changé d'horaires, ce n'est ni un oubli ni une anomalie, c'est le calendrier prévu.
Cela vous laisse une fenêtre confortable pour préparer la bascule plutôt que de la subir. Trois points méritent d'être anticipés dès maintenant :
- identifier les usages que vous pourriez déplacer vers une plage 11h-17h, qui n'existait pas dans votre configuration actuelle ;
- vérifier que vos automates et votre gestion technique du bâtiment permettent deux scénarios saisonniers distincts ;
- caler l'échéance de votre contrat de fourniture sur ce calendrier, pour ne pas signer trois ans sur une structure tarifaire qui ne correspondra plus à vos plages.
Enedis met à jour les compteurs communicants à distance et votre fournisseur doit vous informer environ un mois avant l'évolution de vos plages. Ce délai d'un mois est court pour reprogrammer un site industriel : mieux vaut avoir traité la question en amont.
Ce que la réforme change sur le prix de votre kWh
Les horaires ne sont qu'une moitié du sujet. L'autre moitié, c'est l'écart de prix entre les deux plages, et cet écart a lui aussi bougé en 2026. Deux mouvements se sont succédé, l'un sur la fourniture, l'autre sur l'acheminement.
Le tarif réglementé au 1er août 2026
Pour les clients non résidentiels éligibles au tarif bleu, la CRE a retenu une évolution de + 2,93 % hors taxes, soit 4,74 euros par mégawattheure, correspondant à + 2,35 % toutes taxes comprises, sur la base de sa délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026. Voici la grille en vigueur pour les puissances les plus courantes.
Abonnements en euros par an, prix du kWh en centimes d'euro, hors taxes, France métropolitaine continentale. Source : grille du tarif bleu non résidentiel publiée par EDF, en vigueur au 1er août 2026. Données à jour au 8 septembre 2026. Le tarif réglementé ne concerne que les structures de moins de dix personnes dont le chiffre d'affaires, les recettes ou le total de bilan annuels n'excèdent pas deux millions d'euros, pour une puissance souscrite inférieure ou égale à 36 kVA. Au-delà, votre prix résulte d'une offre de marché et aucune grille publique ne s'applique.
Deux chiffres méritent d'être lus ensemble dans ce tableau. L'écart entre heures pleines et heures creuses est de 4,08 centimes par kWh, soit environ 29 % de moins en heures creuses. Et l'abonnement en option heures pleines heures creuses est systématiquement plus cher que celui de l'option base, de quelques euros à une quinzaine d'euros par an selon la puissance. C'est ce surcoût fixe que vos heures creuses doivent d'abord rembourser avant de produire une économie.
Le ratio d'équilibre passe de 31 % à 26 %
C'est la donnée la plus utile de l'année, et elle est passée largement inaperçue. Par sa délibération n° 2026-06 du 14 janvier 2026, applicable au 1er février 2026, la CRE a mis en place une méthode d'empilement par option cible pour les options base et heures pleines heures creuses, afin de renforcer l'attractivité de l'option heures creuses.
L'effet chiffré est le suivant : le ratio d'équilibre passe de 31 % à 26 % en moyenne. Ce ratio est le pourcentage de consommation qu'il faut placer en heures creuses pour que l'option heures pleines heures creuses devienne plus avantageuse que l'option base. En clair, le seuil de rentabilité a été abaissé de cinq points.
Deux réserves de lecture, importantes. Ce ratio a été calculé par la CRE sur les profils résidentiels, et il s'agit d'une moyenne : le seuil réel de votre site dépend de votre puissance souscrite, de votre courbe de charge et du prix de votre contrat si vous êtes en offre de marché. Il donne un ordre de grandeur, pas un verdict. La bonne pratique reste de calculer le point d'équilibre sur vos propres factures.
Le TURPE, l'autre moitié de l'équation
L'acheminement pèse une part significative de votre facture et il ne se négocie pas : son barème est fixé par la CRE et s'applique de la même façon quel que soit votre fournisseur. Au 1er août 2026, il a évolué de + 3,04 % pour les réseaux de distribution et de + 3,34 % pour le réseau de transport, en application des délibérations de la CRE du 21 mai 2026.
Ce poste n'est pas pour autant figé. Il s'optimise par le choix de la puissance souscrite et de l'option tarifaire d'acheminement, deux paramètres qui se décident sur la courbe de charge réelle et non sur une estimation. Notre ressource sur le TURPE 2026 détaille ces leviers, et notre observatoire des prix du kWh professionnel permet de situer votre prix moyen par rapport au marché.
Comment connaître vos heures creuses, site par site
Avant toute décision contractuelle, une étape s'impose : identifier vos plages réelles, point de livraison par point de livraison. Cette vérification est encore plus utile pendant la période de réforme, où les horaires publiés en ligne se périment vite.
Où trouver l'information de manière fiable
Les heures creuses sont rattachées à chaque point de livraison. Quatre sources permettent de les retrouver, par ordre de fiabilité croissante :
- la facture d'électricité, où les plages figurent généralement, parfois sous forme de codes horaires ;
- l'espace client de votre fournisseur, qui indique les plages associées à chaque compteur ;
- l'espace client Enedis, ou celui de votre entreprise locale de distribution, qui est la source de référence puisque c'est à ce niveau que les horaires sont décidés ;
- le compteur communicant lui-même, qui enregistre séparément les consommations en heures pleines et en heures creuses.
Ne vous fiez pas aux plages « types » trouvées en ligne. Elles sont souvent exactes pour une commune et fausses pour la commune voisine, et la réforme accentue cet écart.
Le cas des entreprises multi-sites
L'erreur la plus fréquente consiste à raisonner comme si toutes les implantations partageaient les mêmes horaires. Chaque site dépend d'une zone de réseau qui lui est propre, les plages peuvent donc différer d'une implantation à l'autre, et les possibilités de pilotage ne sont pas uniformes.
Pendant la bascule, un second écart s'ajoute au premier : deux de vos sites peuvent ne pas basculer le même mois. Vous pouvez donc vous retrouver, pendant plusieurs trimestres, avec une partie du parc sur les anciennes plages et l'autre sur les nouvelles.
Structurer l'information pour décider
Un tableau simple suffit à passer d'une vision théorique à une lecture opérationnelle. Pour chaque site, notez l'adresse, le numéro de point de livraison, la puissance souscrite, les plages d'heures creuses effectives, la date de bascule si elle est connue, et les principaux usages électriques concernés.
Ce recensement est le socle de tout ce qui suit. Sans lui, une comparaison d'offres se fait sur des hypothèses, et une hypothèse fausse sur la répartition heures pleines heures creuses fausse l'ensemble du chiffrage.
Option base ou heures pleines heures creuses : la décision se calcule
Le choix est souvent présenté comme une évidence : l'électricité coûte moins cher en heures creuses, donc l'option serait avantageuse. Le raisonnement est incomplet. Pour une entreprise, c'est une décision économique qui s'évalue sur des usages réels, pas sur un principe.
Ce qui différencie réellement les deux options
L'option base repose sur un prix du kWh unique, quelle que soit l'heure. Elle offre une lisibilité budgétaire, une simplicité de pilotage et aucune contrainte horaire.
L'option heures pleines heures creuses introduit une double tarification : un kWh moins cher sur les plages creuses, un kWh plus cher sur les plages pleines, et un abonnement un peu plus élevé. Ce double surcoût, sur le kWh en heures pleines et sur l'abonnement, est l'élément que les comparaisons rapides oublient systématiquement.
Le critère décisif : votre capacité à déplacer des usages
L'option devient pertinente uniquement si une part significative de la consommation peut basculer vers les heures creuses, et le ratio d'équilibre publié par la CRE donne l'ordre de grandeur de cette part. La question à se poser n'est donc pas « le kWh en heures creuses est-il moins cher », mais quels usages puis-je déplacer sans dégrader mon activité.
Les leviers les plus fréquemment mobilisables sont les suivants :
- la production et le stockage d'eau chaude sanitaire ;
- la recharge de véhicules électriques ou d'engins de manutention ;
- le froid commercial ou industriel, par anticipation ou décalage des cycles ;
- le pompage, la ventilation et l'air comprimé ;
- certains cycles de production non critiques, en horaires décalés.
À l'inverse, les consommations incompressibles en journée, informatique, éclairage, machines en continu, pèsent en heures pleines et peuvent annuler le bénéfice attendu. Avec le basculement des heures creuses vers 11h-17h, une nuance apparaît toutefois : un site qui tourne en journée mais dont certains équipements sont modulables se retrouve mieux placé qu'auparavant, puisque la plage avantageuse tombe désormais pendant ses heures d'ouverture.
Les comparaisons trompeuses à éviter
Comparer deux offres sur le seul prix du kWh en heures creuses est une erreur. Une analyse défendable intègre quatre paramètres :
- la répartition réelle de votre consommation entre les deux plages, mesurée et non estimée ;
- le différentiel de prix en heures pleines, qui est le vrai coût de l'option ;
- le coût de l'abonnement, souvent négligé parce qu'il est petit à l'échelle d'une facture ;
- la stabilité de vos horaires dans le temps, donc votre position dans le calendrier de la réforme.
Ce dernier point est nouveau. Signer aujourd'hui un contrat de trois ans en optimisant la répartition sur vos plages actuelles, alors que votre site basculera en 2027, revient à optimiser sur une hypothèse qui a une date de péremption connue. Notre comparateur d'électricité et de gaz pour les professionnels intègre cette dimension dans le chiffrage.
Le plan d'action pour tirer parti des heures creuses sans perturber l'activité
Comprendre le dispositif est une chose, en tirer un bénéfice durable en est une autre. Voici la démarche que nous appliquons chez DUNE Energie sur les parcs multi-sites, en quatre étapes qui se font dans cet ordre.
Étape 1 : cartographier les usages
Identifiez les principaux postes de consommation par site, leur caractère pilotable ou non, et leur répartition actuelle entre les deux plages. Cette cartographie sépare ce qui relève d'un potentiel réel de ce qui constitue une contrainte structurelle. Elle se construit sur la courbe de charge, disponible auprès du gestionnaire de réseau, pas sur une estimation de bureau.
Étape 2 : hiérarchiser les leviers
Tous les usages pilotables n'ont pas le même impact. Priorisez les équipements à fort volume, les usages faciles à automatiser et les leviers compatibles avec vos contraintes humaines et de production. L'objectif n'est pas de multiplier les actions mais de concentrer l'effort là où le rapport entre le gain et la complexité est le plus favorable.
Étape 3 : automatiser le pilotage
Une stratégie qui repose sur des manipulations manuelles ne tient pas six mois. Le pilotage doit être automatisé autant que possible, documenté en interne, et surtout capable de gérer deux scénarios saisonniers, puisque la phase 2 de la réforme introduit des plages différentes en saison haute et en saison basse. C'est un point à vérifier auprès de votre intégrateur de gestion technique du bâtiment avant la bascule, pas après.
Étape 4 : ajuster la stratégie contractuelle
La mise en œuvre opérationnelle doit enfin être cohérente avec le contrat : option tarifaire adaptée, durée et flexibilité de l'engagement, alignement des échéances sur le calendrier de la réforme. Sur la partie non négociable de la facture, les leviers sont la puissance souscrite et les éventuels tarifs réduits d'accise, que traite notre page optimisation du TURPE et des taxes.
Courtier indépendant, DUNE Energie n'a aucun intérêt à vous pousser vers une option plutôt qu'une autre : notre rôle est de poser le calcul sur vos données et de mettre les fournisseurs en concurrence sur la structure qui vous convient. Si votre contrat arrive à échéance avant votre bascule, ce calcul mérite d'être refait deux fois, avant et après.
FAQ : les heures pleines et heures creuses en 2026
Combien y a-t-il d'heures creuses par jour pour une entreprise ?
Huit heures creuses et seize heures pleines, et ce volume n'a pas changé avec la réforme. Ce qui change, c'est leur placement : la CRE impose au moins cinq heures creuses consécutives au cœur de la nuit et autorise au maximum trois heures l'après-midi, sur la plage 11h-17h. Les horaires exacts sont fixés par le gestionnaire de réseau, site par site.
Une entreprise peut-elle choisir ou modifier ses heures creuses ?
Non. Les plages sont attribuées par le gestionnaire de réseau, Enedis ou l'entreprise locale de distribution, dans le cadre fixé par la CRE. Ni votre fournisseur ni vous ne pouvez les déplacer. Changer de fournisseur modifie le prix appliqué à chaque plage, jamais les horaires eux-mêmes. C'est une allocation collective destinée à lisser la charge du réseau.
Quand les entreprises basculent-elles sur les nouvelles heures creuses ?
Enedis traite les clients professionnels à la fin du projet, au second semestre 2027. La première vague, de novembre 2025 à juin 2026, a concerné 1,7 million de clients déjà pourvus d'heures creuses en journée. La seconde, de décembre 2026 à octobre 2027, portera sur 9,3 millions de clients supplémentaires. Si vos horaires n'ont pas bougé, c'est normal.
Qu'est-ce qui change au 1er août 2026 ?
La délibération CRE n° 2026-33 du 4 février 2026 a réécrit les règles de placement des plages. En saison basse, d'avril à octobre, les heures creuses sont privilégiées entre 2h et 6h et entre 11h et 17h. En saison haute, de novembre à mars, le gel qui interdisait d'attribuer des heures creuses entre 11h et 14h aux nouveaux clients a été levé.
À partir de quelle part de consommation l'option heures creuses devient-elle rentable ?
La CRE indique que le ratio d'équilibre est passé de 31 % à 26 % en moyenne avec le mouvement tarifaire du 1er février 2026. C'est la part de consommation à placer en heures creuses pour que l'option batte l'option base. Ce chiffre a été établi sur des profils résidentiels : calculez votre propre seuil sur vos factures et votre puissance souscrite.
Les heures creuses seront-elles identiques toute l'année ?
Pas pour tout le monde. Les clients de la première vague ont reçu des horaires identiques en été et en hiver. Ceux de la seconde vague auront des plages différentes selon la saison, le TURPE distinguant une saison haute de novembre à mars et une saison basse d'avril à octobre. Votre pilotage doit donc pouvoir gérer deux scénarios.
Où trouver les heures creuses d'un site professionnel ?
Sur la facture d'électricité, dans l'espace client de votre fournisseur, dans l'espace client Enedis et sur le compteur communicant, qui enregistre séparément les deux plages. L'espace du gestionnaire de réseau est la source de référence. Pour un parc multi-sites, recensez les plages point de livraison par point de livraison : elles diffèrent d'une commune à l'autre.

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